Du chinois dans mon CV
Et à ne pas s’arrêter à l’extrême difficulté de son apprentissage. Si vous avez du temps et que vous ne rechignez pas à vous déplacer un soir par semaine, sachez que nombre d’universités proposent des cours de langues et de cultures chinoise spécialement adaptés aux adultes. «Mais cette forme d'apprentissage du chinois est longue, fastidieuse et mal adaptée au rythme d'activité d'un cadre, confie Charkes Bark, créateur du logiciel Chinpass. En plus, le vocabulaire enseigné n'est généralement pas celui du monde des affaires». Son outil promet un apprentissage des rudiments de la langue en 72 heures chrono, par le biais de son site internet et d’échanges téléphoniques avec un chinois de Chine. Le tout pour une somme allant de 2490 à 5990 € selon la formule. L’entrepreneur n’est évidemment pas seul sur ce nouveau créneau et la plupart des grandes structures de formation en langues proposent aujourd’hui des modules de chinois, avec toute la palette d’outils disponibles. Cet apprentissage peut-être pris en charge par l’employeur dans le cadre de la formation maison ou du crédit d’heures octroyé par le DIF Reste que pour un chercheur d’emploi qui souhaite se lancer à la découverte des sonorités extrêmes orientales, la somme à débourser est rondelette. Heureusement, on trouve sur le Web des méthodes gratuites pour apprendre les rudiments du chinois en ligne. Certaines, comme celle de Chine Nouvelle incluent même des leçons audio pour s’entraîner à l’oral. Mais rien ne remplace l’échange avec un prof. Des associations d’amitiés franco-chinoises fleurissent à travers l’Hexagone et proposent des cours collectifs ou individuels dispensés pour une somme modique par des profs bénévoles ou amateurs. Evidemment, le niveau n’est pas le même partout, mais avec de l’assiduité et du travail personnel, le cadre ainsi formé pourra peut être tenter sa chance au HSK, le Hanyu Shuiping Saoshi. Cet examen, sorte de Toefl version pékinoise, est conçu à l’usage des étrangers par le ministère de l’Education chinois. Il est aujourd’hui mis en place dans plus de 100 pays par les représentations diplomatiques de l’ex-Empire du Milieu. Avec le HSK en poche et sur son CV, un cadre ne se transformera pas forcément en négociateur international capable de traiter des affaires à Pékin sans l’aide d’un traducteur. Mais il disposera de notions suffisantes pour détendre l’atmosphère. Et auparavant, il pourra toujours lancer «Ni hao, wo jiao Jean–Pierre Durand»*, au recruteur qui le recevra en entretien.
*«Bonjour, je m’appelle Jean-Pierre Durand»
Sylvia Di Pasquale (octobre 2006)





